PostHeaderIcon La vérité sur le Pôle hainuyer

Ci-dessous, dans son intégralité, le texte de la Carte blanche parue ce samedi 25/09/2010 dans les colonnes du journal "Le Soir". Cette carte blanche est signée par les responsables des six institutions membres du Pôle hainuyer et vise à rétablir certaines vérités dans un contexte actuel quelque peu polémique.

 

Les structures associant  universités, hautes écoles et institutions d’enseignement supérieur artistique prendront vraisemblablement un virage décisif dans les prochains mois. Sur la lancée de la Table ronde organisée par le Ministre Marcourt,  l’existence de pôles d’enseignement supérieur (associant enseignement universitaire et hors université) devrait être officialisée prochainement  par décret.

Dans ce contexte, il nous apparaît essentiel de rétablir la vérité sur la position de nos six institutions vis-à-vis de ce que d’aucuns appellent erronément  la création d’un quatrième pôle montois, au mieux par méconnaissance du dossier, au pire de façon volontairement fallacieuse.

En effet, ce qui est présenté aujourd’hui comme « la création d’un quatrième pôle montois » correspond en réalité à notre souhait de consolidation d’un pôle hainuyer d’enseignement supérieur … qui existe déjà,  actif et opérationnel depuis plusieurs années ! Nos  institutions collaborent depuis  2002 d’abord dans le cadre d’une association de fait, puis sous la forme de l’ASBL  Pôle hainuyer.  Ensemble, nous portons un projet cohérent et motivant visant à améliorer la qualité et l’offre d’enseignement dans une province qui en a bien besoin. Ensemble aussi, notre souci est d’optimiser les services que l’enseignement supérieur se doit de rendre à sa région.

Le Pôle hainuyer est le fruit d’une association librement choisie par des partenaires ayant considéré que la logique géographique constitue un plus à leur démarche de collaboration. Et ce, au travers de : la mise en commun d’infrastructures et de  ressources, l’organisation conjointe de cours, le partage de compétences. Elle est bien adaptée à la mise en place de passerelles entre les divers niveaux d’enseignement afin d’aider l’étudiant à mieux trouver sa voie selon son potentiel.  A l’évidence,  c’est l’intérêt de chacun de se grouper avec autrui, mais c’est quand même moins coûteux quand on est voisins.  Cette vision frappée au coin du bon sens est très précisément celle qui, dans la Déclaration de Politique Communautaire, fonde la notion essentielle de bassin de vie.

Le Pôle hainuyer est une construction humaine (19.000 étudiants, 2.500 travailleurs), qui se veut acteur d’un redéploiement articulé à son tissu local de responsables politiques, d’acteurs sociaux, culturels et entrepreneuriaux.

Associer  ce projet, comme le font certains, à l’idée d’un sous-régionalisme aveugle, dispendieux et inconscient est inacceptable. A l’heure actuelle, deux autres pôles font référence à des zones géographiques, le pôle mosan et le pôle bruxellois, sans susciter ce même type de commentaires. D’autre part, la structuration des pôles concerne principalement la réalisation de missions de proximité qui s’accommodent parfaitement d’une approche régionale.

Il est évident - mais qui oserait en douter aujourd’hui ? - que la dimension de la recherche dépasse de loin les limites des pôles (qu’ils soient d’ailleurs au nombre de trois ou de quatre) et qu’une collaboration intense entre les unités de recherche là où elles se trouvent est indispensable au sein et en dehors de la Communauté française, ce qui est d’ailleurs déjà d’application aujourd’hui. 

Associer ce projet, comme le font certains, à l’idée d’un saupoudrage de moyens et d’une augmentation des coûts est inacceptable : au contraire, la démarche qu’incarne le Pôle hainuyer vise précisément à fédérer des moyens aujourd’hui morcelés. Il se veut pluraliste et regroupe actuellement des institutions dépendant de différents pouvoirs organisateurs. Il est par ailleurs ouvert à toute institution du réseau catholique qui souhaiterait y adhérer et limiter par là le risque, bien réel celui-là, de prolonger cette concurrence onéreuse et inutile entre réseaux organisant les mêmes formations dans une même zone géographique. D’autre part, le financement actuel des institutions est lié à leur nombre d’étudiants, ne dépendant en rien du nombre de pôles qui seront définis en Communauté française.

Associer ce projet, comme le font certains, au souhait occulte d’un pouvoir communal souhaitant développer son université est inacceptable. Le Pôle hainuyer mérite mieux que cela. En 3 ans, 4 institutions ont fusionné et constituent aujourd’hui l’UMONS, les Hautes Écoles de la Province ont fusionné pour former la Haute Ecole Condorcet et le Pôle hainuyer s’est structuré en ASBL. Il s’agit d’une lame de fond  allant de Tournai à Charleroi en passant par Ath et Mons, impliquant bon nombre de responsables d’institutions ayant pour moteur de leur action, l’adhésion à un projet qu’ils estiment bénéfique pour leur région.

Les réactions rationnellement incompréhensibles que suscite cette volonté de consolidation de l’enseignement supérieur dans le Hainaut cachent vraisemblablement  d’autres objectifs liés à la répartition de moyens entre institutions et qu’il ne nous appartient pas ici de détailler.

Volonté de collaboration, dynamique commune, conscience d’œuvrer pour un projet d’avenir utile à  la région, confiance entre partenaires : ces quatre conditions indispensables au succès de la structuration d’un pôle d’enseignement supérieur sont réunies aujourd’hui au sein du Pôle hainuyer. Nous espérons fermement que le pouvoir politique s’en souviendra au moment de décider, qu’il tiendra compte des arguments rationnels et objectifs qui soutiennent cette démarche qui prouve au quotidien sa raison d’être, sa pertinence et son efficacité.

Les directeurs des six institutions membres du Pôle hainuyer :

C. Conti (UMONS), A. Scandolo (HEPH-Condorcet/Province de Hainaut), D. Dufrane (HEH/Communauté française), B. Bay (Académie de Tournai), A. Foulon (Conservatoire de Mons), J-P Benon  (ESAPV)